Lors du 18e meeting annuel du Club de Discussion International de Valdai qui s'est tenu en octobre 2021, le président russe Vladimir Poutine s'est exprimé sur le « progrès », cette notion omniprésente dans le projet politique porté par Emmanuel Macron :

« Nous voyons avec stupéfaction la paralysie qui s'abat sur les pays qui ont grandi en se revendiquant être les têtes de proue du progrès. Bien sur, ce ne sont pas nos oignons tout ce qu'il se passe là-bas - les chocs sociaux et culturels qui ont lieu dans les pays de l'Ouest. Certains croient qu'effacer aggressivement des pages entières de son histoire, agir d'abord pour l'intêret des minorités, renoncer à l'interprétation traditionnelle de valeurs basiques comme la mère, le père, la famille ou la distinction entre les sexes, est une étape importante...d'un renouveau de la société.
Ceux qui prônent ces nouvelles approches vont très loin, ils vont jusqu'à éliminer les notions d'homme et de femme et ceux qui osent dire que l'homme et la femme existent, qu'il s'agit d'un fait biologique, sont tous bannis. Parent numéro 1, parent numéro 2, ou le parent qui a accouché, ou à la place de « lait maternel », il faut dire « lait humain ». Et vous êtes supposé dire ces choses pour ne pas vexer ceux qui ne sont pas certains de leur sexualité.
À Hollywood, des personnes aux opinions politiques de gauche rappellent ce qu'il faut mettre dans les films, combien de personnalités ou d'acteurs il faut, quelle couleur de peau, quel sexe, et parfois, c'est même plus directif qu'au temps du Comité Central du Parti Communiste de l'Union Soviétique. Et le combat contre le racisme, qui est un but noble, se transforme en nouvelle culture, le cancel culture, et en discriminations inversées [...]
J'ai demandé à mes collègues de trouver cette citation de Martin Luther King Jr, qui disait : « J'ai ce rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau mais par ce qu'ils sont en tant que personne. » Voilà une vraie valeur.
Dans les années vingt et trente, les Soviétiques sont arrivés avec leur soi-disant « nouveau langage ». Et ils pensaient qu'ils « construiraient une nouvelle conscience », avec de nouvelles valeurs. C'est arrivé dans notre pays avant et après les révolutions de 1917, les Bolcheviks ont suivi le dogme de Marx et Engels. Et ils ont aussi déclaré qu'ils changeraient le mode de vie traditionnel, la politique, l'économie, tout comme la notion même de moralité, les principes simples d'une société en bonne santé. Ils ont essayé de détruire des valeurs centenaires, la religion et les relations entre les individus, rejetant totalement la famille - ils vous encourageiant à dénoncer vos proches et c'était présenté comme le progrès. [...] Les Bolcheviks étaient totalement intolérant envers les opinions différentes de leurs et cela devrait vous rappeler ce qu'il se passe en ce moment. [...]
Il se passe des choses monstrueuses quand, dès le plus jeune âge, vous apprenez à un enfant qu'un garçon peut facilement devenir une fille et que vous leur imposer cette sélection, ce choix. Vous mettez les parents de côté et vous laissez l'enfant prendre des décisions qui pourraient détruire sa vie. Et si nous appelons un chat - un chat - c'est un crime contre l'humanité, sous la bannière du progrès.
Le combat pour l'égalité et contre les discriminations se transforme en un dogme agressif qui flirte avec l'absurdité quand le travail des grands auteurs du passé - tel que Shakespeare - ne sont plus étudiés à l'école ou à l'université, sous prétexte que leurs idées sont jugées rétrogrades.

Et si la guerre débutée par le président russe en Ukraine n'était que le sommet de l'iceberg ?